Trop d’impôts tue petit à petit le secteur de l’immobilier locatif



Si en plus du droit pas toujours rédigé et/ou appliqué équitablement dans les litiges entre propriétaires et locataires s’ajoute une fiscalité quasi-confiscatoire, alors le secteur immobilier ne peut qu’en souffrir.

En somme, nous indiquent les professionnels de l’immobilier, « le risque n’en vaut plus vraiment la chandelle » au moins du point de vue d’un nombre croissant de propriétaires.

Selon une estimation du Crédit Foncier, la fiscalité est devenue un tel fardeau que la part de logements qui seront achetés pour être loués devrait avoir diminué de presque 2 points de pourcentage en 2018 (de 16% à 14,1%). Ce serait donc la fin du rattrapage entamé en 2013 en cas de confirmation des estimations.

En toile de fond, la politique nettement hostile à la propriété immobilière conduite par le président de la République Emmanuel Macron et sa majorité En Marche (LREM).

« Tout est devenu si compliqué et puis au final, le risque est haut mais les revenus locatifs sont de plus en plus bas, » nous explique Marie-George, bailleur d’un deux pièces parisien. « Récemment un ami m’a parlé de l’investissement locatif en zone euro, au Portugal par exemple, et vu l’évolution de la fiscalité ici, je pense à vendre mes biens acquis ici en France, » ajoute Gérard, un propriétaire installé à Bordeaux.

Comme dans beaucoup d’autres domaines, et particulièrement l’immobilier, l’impôt a déjà tué l’impôt et s’attaque désormais à l’existence même du secteur.

Immobilier et assurance de prêt, vous reprendrez bien un peu d’impôts ?



Hormis créer des impôts et des taxes pour un résultat contreproductif puisque la dette et le déficit publics ne cessent d’augmenter, à quoi sert donc le gouvernement ?

Voilà une question que les propriétaires immobiliers déjà remontés contre la politique qu’ils jugent « anti-propriété » du gouvernement d’Emmanuel Macron se posent probablement et souvent. On apprend en effet par l’hebdomadaire Le Point que le ministère de l’économie et des finances (Bercy) « étudie la possibilité d’augmenter la taxe sur les assurances de prêts ».

Bien que les Français soit le peuple le plus imposé du monde, Bercy envisage donc d’attaquer un peu plus leur patrimoine en générant une énième augmentation du coût d’accession à la propriété à travers la répercussion de la taxe augmentée sur le coût total du crédit immobilier.

En étendant l’assiette de la taxe sur les assurances de prêts, écrit Le Point, la facture augmenterait de 3 euros par mois soit 540 euros au total sur un crédit de 100.000 euros sur 15 ans. Selon les estimations, tout cela équivaudrait à terme à 500 millions d’euros d’impôts supplémentaires par an reçus par l’Etat, indique Les Echos.

Les loyers baisseraient, pourquoi et comment ?



Deux inconnues avec la nouvelle fiscalité immobilière et le retour de l’inflation.

L’année 2018 sera probablement une année mouvementée pour le marché immobilier français. Après cinq ans de hausse continue dans les grandes villes contrastant avec une véritable dépression dans les zones rurales, l’immobilier serait à la croisée des chemins.

Alors que le gouvernement d’Emmanuel Macron entreprend une vaste refonte de la fiscalité immobilière qui inquiète les professionnels du secteur, les prix devraient poursuivre une hausse modérée en 2018 au plan national. Mais, et c’est la véritable nouvelle, les prix auraient progressé de moins en moins vite voire baisseraient dans les agglomérations de plus de 150.000 habitants comme Grenoble, Rennes, Marseille ou encore Le Havre.

Selon une étude de l’observatoire immobilier Clameur, les prix seraient stabilisés ou en très légère baisse – on parle de -0,1% – dans les grandes villes. Ceci pourrait-il annoncer un retournement de la courbe des prix ?

Pas si vite répondent les spécialistes pour qui même si la transformation de l’Impôt sur la fortune (ISF) en Impôt sur la fortune immobilière (IFI) pourrait inciter des contribuables à vendre toute ou partie de leur patrimoine immobilier, de grandes villes comme Paris, Lille, Lyon ou Bordeaux devraient continuer à voir leur parc immobilier gagner en valeur.

Deux points à surveiller de près toutefois avec la nouvelle fiscalité immobilière souhaitée par Emmanuel Macron et l’impact d’un probable retour de l’inflation.